L’étude de la mémoire a surtout été, jusqu’à la fin du XIXe siècle, l’attribut de la philosophie. Mais au XXe siècle, elle est devenue un sujet de la psychologie d’abord, puis de la biologie.

          1881 :

Le physiologiste Théodule Ribot développe sa « loi de régression des souvenirs » : la mémoire vieillissante se dégrade de façon ordonnée, du souvenir le plus récent au plus ancien, du souvenir plus complexe au plus simple.

1885 : 

             Le psychologue Hermann Ebbinghaus publie la première étude expérimentale de la mémoire humaine et de l’oubli.

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           1890-1900 :

Le neuroanatomiste Santiago Ramón y Cajal propose une idée révolutionnaire : l’apprentissage faciliterait l’expansion et la croissance de ce qu’il nommait des « protubérances*» connectant les neurones entre eux (les « synapses »). Et la persistance de ces modifications anatomiques pourrait servir de fondement à la mémoire. Il recevra le prix Nobel de médecine en 1906.

         1938 :

Le neurochirurgien Wilder Penfield émet le premier l’hypothèse d’un stockage des traces mnésiques* dans le lobe temporal du cerveau.

        1949 :

      Le psychologue Donald Hebb propose la première théorie neurobiologique de l’apprentissage et de la mémoire.

         

      1954 : 

     La psychologue Brenda Milner découvre que les lésions des structures temporales internes dissocient la mémoire  à  court terme de la mémoire à long terme et que les lésions limitées au lobe temporal interne altèrent profondément la capacité à former de nouveaux souvenirs.

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       1967 :

Le biologiste Seymour Benzer identifie chez la drosophile plusieurs protéines importantes pour les formes non déclaratives de la mémoire. Une étape cruciale dans l’étude de la génétique du comportement, de l’apprentissage et de la mémoire.

       1968 :

Les psychologues Richard Atkinson et Richard Shiffrin élaborent le premier modèle général de la mémoire. Il suppose l’existence de « magasins sensoriels », un « à court terme » et un autre «à long terme ».

       Décennie 1970 : 

Le neurobiologiste Eric Kandel décode les bases cellulaires de l’apprentissage et de la mémoire chez l’aplysie, un mollusque marin.

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       1972 :

Le psychologue Endel Tulving distingue mémoires sémantique et épisodique.

       1974 :

Le psychologue Alan Baddeley émet le premier l’hypothèse que la mémoire à court terme est elle-même multiple et introduit la notion de « mémoire de travail ».

      1980 :

Les neuropsychologues Larry Squire et Neal Cohen développent le concept de mémoire procédurale et de mémoire déclarative.

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