- La structure de l’hippocampe

d_07_cr_tra_2a_20copyL'hippocampe (ou corne d'Ammon) est une structure bilatérale et symétrique, faisant partie du système limbique. L’hippocampe a une forme qui nous rappelle l’hippocampe marin. C’est une partie du cortex situé dans le repli interne du lobe temporal.

- Sa fonction

Toutes les informations décodées dans les différentes aires sensorielles du cortex convergent vers l'hippocampe qui les retourne ensuite d'où elles viennent. C'est un peu comme un centre de tri qui comparerait ces sensations nouvelles avec celles déjà enregistrées. Ce serait lui qui déciderait ou non de stocker les informations dans la mémoire à long termd_07_cr_tra_2c_20copye. L’hippocampe crée aussi des liens entre les différentes caractéristiques d'une chose. La répétition correspond donc à de multiples passages dans l'hippocampe. Celle-ci va renforcer les liens entre ces nouveaux éléments, si bien qu'au bout d'un certain temps, son travail ne sera plus nécessaire : le cortex aura appris à lier lui-même ces différentes caractéristiques pour en faire ce qu'on appelle un souvenir. Bien que l'hippocampe soit une structure cérébrale essentielle pour le bon fonctionnement de la mémoire à long terme, puisqu’il est l’intermédiaire entre la mémoire à court terme et la mémoire à long terme, on ne peut pas dire qu'il soit "l'aire primaire de la mémoire", car il ne stocke pas lui-même d’information. L'hippocampe en est le catalyseur, mais la trace permanente se retrouve encodée à différents endroits dans le cortex. La destruction des deux hippocampes (par un accident cérébrovasculaire par exemple) a des effets désastreux sur la mémoire à long terme, elle empêche la personne d'apprendre quoi que ce soit de nouveau. Les sujets aux deux hippocampes lésés, qui ne peuvent garder des choses en mémoire que pour quelques instants, ont apporté les preuves les plus importantes du rôle de l'hippocampe dans le transfert des souvenirs vers la mémoire à long terme. L'hippocampe jouerait également un rôle fondamental dans la mémoire spatiale chez de nombreuses espèces dont l'homme. Par exemple, des chercheurs anglais ont demandé à des chauffeurs de taxi d'imaginer leur déplacement au sein de la ville de Londres pendant que leur activité cérébrale était examinée par tomographie par émission de positons (PET scan*). Cette tâche familière pour eux a provoqué une activation spécifique de leur hippocampe droit. Comme nous avons pu le voir dans le sous-titre précédent, chez l'être humain, l'hippocampe pourrait donc contribuer à la construction de la mémoire épisodique en fournissant à chaque souvenir un cadre spatial permettant de le restituer avec précision.

- Les pathologies de l’hippocampe

Il existe trois différents types de pathologies touchant l’hippocampe :

- la maladie d’Alzheimer ;

- le stress chronique ;

- le manque de sommeil.

L’hippocampe peut également être affecté par l’usage de différentes substances tels que l’alcool et le cannabis. Mais aussi par des infections à répétition par picornaviridae, causé par  des rhumes et certaines gastro-entérites.

- Une étude américaine du Colorado Health Sciences Center a cherché à savoir si la consommation excessive d’alcool a un effet sur l’hippocampe. Utilisant l’imagerie à résonance magnétique (IRM), ils ont constaté que l’hippocampe des alcooliques sévères est moins volumineux. Cette découverte pourrait expliquer le déficit cognitif et les problèmes de mémoire souvent observés chez ces derniers.

- Des universitaires américains ont découvert que le cannabis perturbe les processus de mémorisation du cerveau en désorganisant le fonctionnement électrique de l’hippocampe. Le cannabis aux doses usuellement présentes chez ses consommateurs supprime les oscillations électriques, essentielles dans le processus d’apprentissage et de mémorisation. Les processus cognitifs sont désorganisés. Selon le professeur Jean Constantin, la principale substance active dans le cannabis, le THC*, bloque aussi la libération d’un neurotransmetteur important dans l’hippocampe, l’acétylcholine, affectant le fonctionnement électrophysiologique du cerveau.

- Selon le professeur Carles Howe qui a mené ses recherches sur des souris, les infections à répétition par picornaviridae auraient une action destructrice sur les cellules de l’hippocampe, à tel point que des infections à répétition par picornavirus pourraient entamer le capital cognitif d’un individu.